Au croisement du film historique et de l’histoire du cinéma, le CINÉ-HISTOIRE propose un cycle thématique de 5 films autour d’un.e cinéaste, d’une époque ou d’une question communes. La projection de l’œuvre est précédée d’une brève présentation du film, lequel sera suivi d’une discussion animée par un.e historien.ne.

Lorsqu’il dépasse le simple « film en costumes », le cinéma historique constitue un exercice particulièrement exigeant d’écriture du passé. Comme pour l’historien et l’historienne les plus rigoureux, scénaristes et cinéastes interrogent l’histoire en reconstituant la trajectoire de personnages complexes, généralement aux prises avec des dilemmes moraux. Les plus grands films historiques réussissent à reconstituer l’étrangeté du temps passé tout en le liant avec des enjeux et des questions atemporels.

>L’histoire au tribunal
25 août 2022 – 15 décembre 2022

« L’histoire jugera ».
Formule consacrée et familière, cet adage est évoqué lorsqu’on veut souligner le caractère ambivalent et problématique d’une décision, souvent d’ordre politique, dont on appréhende les conséquences.


De fait, plus qu’un dicton, la liaison entre l’historien et le jugement a toujours été très étroite. Il n’est pas rare de faire valoir que la discipline historique croise, d’une certaine manière, le métier de l’enquêteur et de l’avocat. Comme le détective, l’historien recherche les traces et sollicite tous les témoignages disponibles. Comme l’avocat, il construit une argumentation dense et serrée pour convaincre ses interlocuteurs en maniant la preuve et la rhétorique. En effet le travail de l’historien n’est jamais neutre puisque le langage ne l’est pas : choisir les mots, c’est déjà juger un peu. Le cinéaste, avec la caméra, les dialogues et les interprètes, n’agit pas autrement.


Le cycle « L’histoire au tribunal » propose cinq œuvres construites autour du crime et du jugement. Le cinéma construit toujours son récit sur un conflit, de quelque nature qu’il soit ; mais les films que nous avons choisis jonglent ici avec l’ambiguïté du mal, de la responsabilité, de la morale et de la justice. Chaque projection interrogera une époque et une culture précises (l’Amérique des années 50, l’Allemagne et la France des années 30, le Japon du 12 e siècle et le Royaume Uni des années 1970) et permettra de réfléchir à la troublante complexité de l’acte de juger, alors que les spectateurs constitueront, au final, le véritable jury des causes qui leur seront présentées.